samedi 14 octobre 2017

Version Super-Picsou-Géant ! (Celui avec le cadeau dedans)



Ce matin dans ma boite à lettres j'avais tout plein de courriers inintéressants et j'avais ça : une belle enveloppe de l'Élysée (celle avec le sceau en relief derrière, c'est chouette).

Bon par contre, j'ai lu le petit mot et j'ai l'impression d'être au travail en mode "Déchiffrage d'ordonnance" tellement le président semble avoir éternué en écrivant.

Si j'ai bien compris, il a écrit "Merci pour votre livre !", et puis ensuite je pense qu'il a voulu dire "Je l'ai adoré, il était génial, il m'a ouvert les yeux sur les conditions de travail des soignants du coup je regarde dans mon agenda de président et on se fixe un rencart pour en discuter ensemble autour d'une bonne petite bière" mais il n'avait pas la place sur sa mini-carte alors il a juste noté "À vous, E. Macron".
 
C'est un bon début non ?

vendredi 13 octobre 2017

Effet Picsou-Magazine !



Ce soir dans ma boite à lettres, j'ai trouvé un courrier à en-tête, celui du Ministère de la santé. Oh bordel ! 

J'ai regardé l'enveloppe et j'ai fait "Oh !", j'ai déplié la lettre pour regarder la signature et j'ai fait "Han !", j'ai lu le courrier et j'ai fait "Cool !"... .

Ouais, en fait j'ai eu la même réaction que ce jour où j'ai ouvert ma boite aux lettres sur la pointe des pieds et que j'y ai trouvé mon tout premier Picsou Magazine. Ce soir, j'ai 8 ans !
Bon ok, elle ne l'a pas encore lu mais elle a au moins eu l'amabilité de me répondre qu'elle l'avait bien reçu. Reste à voir si son agenda de Ministre lui permettra de plonger dans mon livre ! 

Bonus-minou-rien-à-foutre : mon chat, pas peu fier, s'est gentiment posé le cul sur le courrier de la Ministre me servant ainsi de presse papier ministériel. Si ça c'est pas la classe !

jeudi 12 octobre 2017

Ci-gît la motivation de la libérale.




La sieste et l'infirmière libérale, c'est un peu un rendez vous qu'on programme avec nous même et qu'on déteste louper tant on sait que notre humeur du soir (tournée de soins et vie de famille compris) en dépend (ok j'avoue, parfois, ce n'est même pas suffisant)

Ce n'est pas obligatoire c'est vrai, mais c'est tellement mieux avec ! C'est un peu comme le petit parasol décoratif sur le bord d'un cocktail, comme le "cordialement-merci-bisou" à la fin d'un courrier de rejet de la CPAM (ok ça n'existe que dans mes rêves) ou comme le "Bonjour !" que je cherche à faire dire à ma grognon-chronique chaque matin... C'est tellement mieux avec...

Je serais donc grée aux entreprises de gestion de crédit, à celles qui vendent des fenêtres ou des voitures neuves "à gros gabarit parce qu'on sait que vous, les infirmières libérales, vous en avez besoin" _ moi je lui ai demandé une voiture qui ne coûte rien et qui consomme que dalle mais la dame n'avait pas en stock _ de bien vouloir arrêter de me réveiller pile au moment où je m'endors ! C'est pas cool, ça rend grognon.

Dormir l'après midi c'est important, d'ailleurs tout soignant sait que la sieste est aussi sacrée que les vertèbres qui se trouvent dans tes fesses (humour de soignant-gnan).

Bon sinon, j'ai un truc imparable pour faire buguer n'importe quel vendeur par téléphone. Vous répondez dès sa présentation par un : "Si c'est une question je ne souhaite pas y répondre !", vous entendrez alors au bout du fil le grand moment de solitude de ceux qui ne sont formés que pour vous répondre par une question. Comme quoi mon BTS commercial m'aura au moins servie à une chose dans mon travail d'infirmière : profiter plus longtemps de mes siestes !

mercredi 11 octobre 2017

Mais c'est vous là ! Si si, c'est vous !




Je suis dans le Courrier de l'Ouest et ce matin j'ai vu ma trogne sur la table de beaucoup de mes patients. Ça fait bizarre ! 

"Vous devez être fière !" voilà ce que j'ai entendu et je n'ai pas su quoi répondre. Là tout de suite maintenant, je suis fière de moi parce que j'ai ENFIN géré les deux rejets de la CPAM qui traînaient dans mon agenda depuis des semaines et qu'une flemme immense m'empêchait de traiter. Mais concernant le livre, je ne suis pas fière non, mais je suis hyper-contente et ça c'est chouette !

C'est que je suis moitié-con vous savez, je réagis toujours à distance sur les événements forts. Ça vaut pour ma première grossesse, la perte d'un être cher, mes cotisations à l'URSSAF, la découverte de la glace "Cookie Dought" de Ben&Jerry et le fait d'écrire un livre.

Donc soyez rassurés mes chatons, je devrais commencer à capter ce qui se passe d'ici quelques mois, une fois que l'engouement autour du bouquin sera retombé. Bel après midi à vous !

lundi 9 octobre 2017

Bon bah dans le doute...




... Je vais prélever tous les tubes !

- Hein ? Parce que ?!
- Parce que votre médecin a dû éternuer en rédigeant votre prescription vu comme c'est illisible !

Le patient a fait une moue. Celle qui lui a fait tordre sa bouche de travers pour me faire comprendre qu'il était moyennement d'accord. Moyennement d'accord avec le nombre de tubes que je préparais pour sa prise de sang. Huit. Toutes les couleurs et plus encore pour éviter le risque de recevoir un appel du laboratoire me demandant de repiquer mon patient parce que "Charline tu as oublié un tube EDTA pour doser sa VS !", mais où ? OÙ EST CE QUE C'ÉTAIT PRESCRIT BORDEL ?!

J'ai décrypté quasi toute l'ordonnance mais il restait encore deux ou trois lignes qui ressemblaient à une quinte de toux du médecin (le pauvre devait être vraiment très malade). Le dernier tube prélevé, j'ai conclu la prise de sang par un joyeux :

- Et pour votre plus grand plaisir nous allons nous revoir car vous allez devoir prélever vos selles dans des petits pots pendant 3 jours, regardez c'est noté là et puis là ! Et ça, ce sont les petits pots cadeaux. 

Sa mou tordue d'un côté s'est transformée en grimace qui avait contaminée toute sa bouche. Et puis mon patient a enfilé la dernière manche de son manteau tout en regardant les petits-pots-à-caca que j'avais posé près de sa carte vitale et les yeux plein de malice il m'a dit : "Finalement dans cette histoire, vous n'aurez pas été la seule à en chié !".
 
J'adore mes patients !

jeudi 5 octobre 2017

Coup de gueule infi' #29 : La petite cuillère et la pelleteuse (et la confiture salée)



- Le déplacement ? Non, le médecin a encore refusé de me le prescrire…

Tout en me répondant, ma patiente s’affairait à sortir de son grille-pain une tranche de pain noircie dans un coin en faisant levier avec la pointe de son couteau pour ne pas se bruler. Je venais à peine de terminer sa prise de sang qu’une cuillère s’enfonçait déjà dans le pot de confiture, que le café fumant était servi presque à ras bord dans le bol tâché par des décennies de petits déjeuner et que ma patiente assise une serviette sur les genoux, était prête à remplir son ventre creux. C’est que la petite dame était du genre à tourner aussi vite de l’œil après sa prise de sang que le lait à disparaitre dans le café qu’elle était en train de touiller avec délicatesse. Du coup, à force de malaises dans mon cabinet calmés à coup de jambes en l’air et de sachets de sucre, j’avais demandé à réaliser ses prises de sang chez elle, au plus près de la cafetière et du pot de confiture. Je retirais l’aiguille, je posais le pansement et trois, deux, un : TOP sur la tartine ! Et plus aucun malaise grâce à la magie sucrée. J’avais alors demandé au médecin traitant de prescrire le domicile permettant ainsi à ma patiente d’être remboursé de mon déplacement que je trouvais justifié.  


- … Il m’a dit « C’est avec les petites économies qu’on évite les grandes dépenses ! », vous imaginez ?

J’imaginais bien oui… Le médecin derrière son bureau en bois en train de refuser le déplacement de 2€50 à sa patiente qui n’était pourtant pas du genre à insister. Un médecin heureux d’avoir empêché l’infirmière libérale de faire un vilain trou de 2€50 dans celui de la sécu qui était déjà bien balaise. Assise à table, j’étais en train d’écrire sur les tubes colorés qui contenaient le sang de ma patiente et d’un coup, sans prévenir, je me suis sentie agacée par une multitude de petites choses, un peu comme si un voile de censure-du-moche s’était levé. Je n’entendais plus que le bruit de ses mâchoires qui découpaient bruyamment la tartine dont la confiture étalée en épaisseur s’écoulait dans le bol. Le mini-chien-moche bloqué dans la véranda pour éviter à mes mollets de se faire agresser s’impatientait et faisait ce petit bruit aigu et strident qui m’empêchait de me concentrer sur les tubes. La pointe de mon stylo qui fonctionnait mal et bavait essayait d’écrire sur la mini étiquette du tube l’identité de ma patiente qui, je vous le donne en mille, avait un prénom composé et un nom de famille à rallonge. Il était tôt, j’étais fatiguée, j’avais faim et là tout de suite maintenant, j’aurais voulu me téléporter sous une couverture avec mon chat, une cuillère et un pot de glace sous un bon feu de cheminée loin des confitures qui coulent, des veines impiquables et des médecins-radins.

« C’est avec les petites économies qu’on évite les grandes dépenses ! ». Bordel... En fait, j’étais agacée de la remarque de ce médecin obnubilé par un trou qu'il cherchait à tout prix à combler pendant que moi, infirmière libérale, je semblais prendre un malin plaisir à creuser celui de la sécu à coup de…


- Cuillère. Vous voulez une cuillère ?

J’ai relevé le nez vers ma patiente qui repue et sucr-réveillée me proposait une cuillère de confiture pour accompagner la tranche de brioche qu’elle avait déposé devant moi sans que je m’en rende compte… Une cuillère, c'est ça. En fait, je suis une cuillère qui creuse de petits trous dans celui de la sécu… Je regardais la cuillère posée de façon instable sur le bord du pot et qui s’enfonçait doucement et je me suis dit que le médecin avait peut-être raison. Que c’était en faisant de petites économies qu’on éviterait peut-être de faire grandes dépenses… Une douleur vive fouetta l’arrière de mon crâne me forçant à passer la main sur ma nuque : 


- Non mais ça va pas, tu t’écoutes là ? Pendant que tu y es, ne facture pas la prise de sang comme ça le système de santé sera tellement fier de toi qu’une fois arrivée à ta retraite à 67 ans il te fera l’ultime honneur d’épingler sur ta sacoche de soins la « Médaille du mérite de celle qui n’en a pas ! ». T’auras l’air bien con ce jour-là avec ta cuillère dans la main « C’est pas moi m'sieur de la Sécu, c’est ma cuillère qui a fait des p’tits trous dans le vôtre qui est trop gros ! » Mais merde ! Si toi tu es une cuillère alors eux, ce sont des pelleteuses !

mercredi 27 septembre 2017

Des milliers de mercis !



Vous êtes déjà près de 8 000 à l'avoir acheté !

Une semaine que le livre est sorti, qu'il est entre vos mains et les retours que vous en faites sont justes magnifiques et tellement chouettes !
Pourtant, quand je l'ai écrit j'étais moins sûre de moi que semblait l'être mon éditrice. Je ne la remercierai jamais assez d'avoir trouvé les mots pour calmer mes angoisses (Merci Fleur ).

Et M E R C I à toi qui a passé les portes de la librairie pour l'acheter, M E R C I à toi d'avoir pris le temps de me laisser un message plein de beauté et d'amour avec des mots qui paillettent jusqu'à la rate.
Bordel mais j'ai envie de tous vous prendre dans les bras et de vous faire un câlin de cœur (tu sais celui qui serre fort contre toi) !

Des dates de séances de dédicaces viendront vite. J'annonce celle près de Rennes en fin de semaine et viendront ensuite Angers et peut être les Hauts de France (J'ai vraiment du mal avec le nouveau nom de cette région ^^).

Petit rappel : les séances de rencontre-signature doivent être demandées par les clients auprès de leurs librairies, ni Flammarion ni moi n'avons de pouvoir de décision d'aller là ou là ... C'est à toi de jouer !

Plein de merci (encore) et de bisous (toujours) mon chaton !

mardi 26 septembre 2017

Et pendant ce temps là, certains s'envoient en l'air...


J'ai sonné sans trop d'envie en appuyant fort sur le bouton en plastique moitié cassé. Celle qui m'attendait chez elle devait être en train de grogner à cause des nuages alors que la veille c'était à cause de la pluie et puis du soleil aussi. Elle devait certainement souffler la fatigue d'un corps vieillissant tout comme les jours d'avant, comme une habitude qui était devenu un mauvais caractère et une fin en soi jusqu'à ce jour où les yeux sombres elle m'avait avoué " Moi, j'attends de crever. Tous les jours !! ".

Cette patiente n'était pas le rayon de soleil de mes tournées, c'était plutôt la version "couché" de l'astre, celui qui refroidi et qui endort l'envie... Et alors que je m'apprêtais à passer le pas de sa porte, je les ai vu tous les deux l'un sur l'autre. J'avais sonné, ma patiente-grognon-version-soleil-couché m'attendait mais je me suis accroupie et j'ai pris le temps de je les regarder s'envoyer en l'air. Quelqued secondes ou quelques minutes au final je ne sais même plus. C'est con, mais j'ai trouvé ça beau alors j'ai pris une photo.

Quand je suis arrivée devant elle, sans même me regarder ma patiente a remplacé son "Bonjour" par un

- T'en as mis du temps ! Qu'est c'qu'tu f'sais ?!
- Je regardais des insectes s'envoyer en l'air...

Et je lui ai montré la photo. Elle a jeté un œil sur mon téléphone et a soufflé en faisant mine de chercher un truc sur sa table recouverte de journaux et de napperons et elle m'a  dit "C'est d'la vermine !!".

En partant vers sa salle de bain pour chercher le nécessaire pour son soin je me suis fait la réflexion que son jardin avait finalement de la chance qu'elle ne s'en occupe plus et puis devant le miroir je me suis dit "C'est peut-être de la vermine, mais eux au moins ils font l'amour, pas la gueule... !".
Plus tard, si j'ai la chance de devenir vieille et si la vie me rend grognon, j'espère que deux mantes religieuses viendront se poser sur le pas de ma porte pour me rappeler qu'on peut attendre la mort en gueulant mais que ça n'empêchera jamais à la Vie de s'envoyer en l'air !