mercredi 13 décembre 2017

Programmer les activités des vacances d'été.




... Dans la voiture, sur le chemin de l'école :

- Maman, pour les grandes vacances d'été, est ce qu'on pourrait faire un truc ?

Et là je me dis, non sans être teintée d'une certaine fierté, "Ma fille de 5 ans programme déjà les vacances d'été ! Elle va sûrement me demander si on pourrait diner le soir dehors en mangeant de la glace au dessert et en écoutant les grillons ou si on pourrait retourner dans le sud se baigner dans les gorges glacées ou tout simplement ressortir la vieille piscine 3 boudins qu'on met chaque année sur la terrasse près du hamac dans lequel j'adore bouquiner...".

Je me gare devant l'école, arrête le moteur et me retourne vers ma puce : "Oui poussin, dis moi ce que tu veux faire cet été ?" :

- J'aimerai bien qu'on lave ta voiture... Parce qu'elle est toute sale !

... Ok. Ma fille a au moins le mérite d'avoir noté le délai moyen qu'il me faut pour laver mon bureau mobile d'infirmière libérale !

Avec du retard.



Aujourd'hui, j'ai fait mon chèque à l'URSSAF pour payer mes cotisations. Je voulais mettre "A : contre coeur" comme la dernière fois mais j'ai eu peur qu'ils trouvent ça redondant et qu'ils finissent par se lasser à l'URSSAF. Et puis, j'ai vérifié une dernière fois les dates du courrier, celle de l'enveloppe et puis celle du jour également du coup j'ai préféré écrire "Avec du retard...". Je voulais ajouter "... Mais en même temps vous rédigez un courrier le lendemain de la date limite de paiement que je ne reçois que 7 jours plus tard, du coup si tu me colles une majoration je vais l'avoir hyper-mauvaise ! " mais ça rentrait pas. Du coup j'ai mis un "♡".

mardi 12 décembre 2017

Passer à la radio locale et rencontrer le Père Noël.

 
photo de @delphef sur instragram
 
... Et puis apprendre que tous les deux on fait un peu le même métier ! 🎅

Il m'a demandé si j'avais été sage cette année et je lui ai répondu "Tu rigoles, j'ai arrêté d'être sage depuis que j'ai arrêté de croire en toi... Genre depuis 3 ou 4 ans quoi !". Mais pas rancunier, il m'a demandé ce que je voulais pour Noël. Je lui ai répondu "Une Nomenclature des actes adaptée pour soigner mes patients et une augmentation pour moi !"... Le père Noël m'a juste répondu qu'il  ferait au mieux et moi je lui ai répondu que n'y croyais plus... A mon augmentation hein, pas au fait que je ne crois plus en lui (parce que j'ai quand même envie de croire dans ce bonhomme hyper sympathique) 😉

À la fin, quand on a demandé au père noël ce qu'il voulait dire aux enfants qui l'écoutaient, il a tenu à me remercier et il a rajouté que les infirmières faisaient finalement un peu le même métier que le sien : elles font briller les yeux et redonnent le sourir... Les nanas, on est des mères noël en puissance en fait ! 😁💖
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Ce soir j'étais sur Radio G et c'était bien cool et j'ai rencontré notre père noël angevin depuis 12 ans et toute l'équipe de l'émission "Tendances à me plaire" ! 👌

samedi 9 décembre 2017

Mes légendes.




- Il parait qu’ils vont lui faire descendre les Champs Élysées… A qui ? Bah, à Johnny !

Ma patiente a haussé les épaules avec un air un peu indigné devant ce qui paraissait si évident pour elle et tellement peu pour moi. Mais j’étais trop concentrée sur les bandages qui recouvraient ses jambes pour prêter une oreille attentive à l’annonce faite dans le journal de Pernaut auquel je tournais le dos. Johnny, je n’étais pas spécialement fan mais il est associé à tellement de souvenirs de ma vie que c’est difficile de nier son importance. 
Je me rappelle de mon oncle, grand fan, qui avait des faux disques d’or de Johnny dans son couloir et des vraies santiags aux pieds. Je me rappelle de mon père, heureux d’être allé à son concert dans les années 90 et dont il garde encore le souvenir aujourd’hui. Je me rappelle de ces fins de soirées alcoolisées où l’on en chantait fort et faux « Que je t’aime ! » en tirant son pote par le cou pour lui faire un bisou sur la joue. Je me suis rappelée de ces fois où j’avais les poils qui se dressaient dans un grand frisson quand j’entendais la puissance de sa voix. Johnny quoi. C’était un peu notre Tour Eiffel Musicale, on pouvait trouver ça sans intérêt mais rares sont les gens à ne pas avoir été impressionnés une fois devant… Ma patiente a changé de chaine et en posant sa télécommande tout près d’elle et a conclu par un « C’est une légende » auquel je n’ai rien répondu. Une légende fauchée par un cancer, comme quoi, personne n’est immortel.

Je n’ai rien rajouté car je savais qu’elle serait peinée de ma réponse, qu’elle ne comprendrait pas que mes légendes à moi étaient ailleurs. Que des légendes, j’en avais plein ma sacoche et que jamais elles ne descendront les Champs Elysées...

Il y a l'humouriste-légendaire. Celui qui jusqu’au bout m’aura fait sourire alors que mes yeux brillaient de lui dire « Au revoir ». Dans la chambre d’hôpital où je t’ai retrouvé, j’ai déposé une bise sur ta joue, la toute première depuis quatre années où nous nous étions serré la main chaque matin alors même que j’avais toujours enlacé ta femme et tes enfants. Une pudeur qu’on avait l’un pour l’autre et qui nous retenait de nous dire ces choses qui vrillent le cœur. Tu m’as serré pour la première fois avec le peu de force qui te restait et tu m’as dit « Tu m’excuseras, je n’ai pas eu le temps de me raser ! ». J’ai souris avec un goût salé au fond de la gorge à l’idée que tu allais terriblement me manquer. Tu as laissé une trace indélébile dans mon cœur d’infirmière et dans tous ceux qui ont eu l’immense chance de croiser ta Vie... Putain de cancer.
Il y a eu l'humilité-légendaire. Celle qui aura combattu jusqu’au bout et qui a dû en six mois de temps accepter la maladie, les traitements et l’évidence que jamais elle n’en sortirait vivante. Celle qui, à même pas cinquante ans, m’a dit ce jour où j’avais ouvert les volets de sa chambre pour déposer le soleil sur son lit « Je sais que je vais en mourir. Mais la Vie c’est aussi ça, accepter que ça se termine comme ça. ». Tu as été une très grande dame tu sais. La plupart du temps silencieuse mais qui savait trancher l’absence de mots par un charisme que peu de personnes ont… Putain de cancer. 
Il y a eu la force-légendaire. Celle qui a dû affronter l’impensable. Celui de ne jamais passer les quarante ans, celui de ne pas voir grandir ses jeunes enfants, celui de ne pas terminer sa vie auprès de celui qu’elle avait choisi pour vieillir. Et toujours ce sourire et cette douceur que tu as incarné jusqu’au bout et qui tranchait avec la brutalité de la fin de ta vie… Putain de cancer.
Il y a eu la légèreté-légendaire. Celle qui arrivait à rendre le plus terrible acceptable avec des tasses de thé chaudes après les soins qui accompagnaient cette boite de sablés au beurre sur la table de la cuisine. Celle qui était capable de parler du pire tout en prenant des nouvelles de mes filles. Toi et moi sur ce canapé où nous partagions tellement plus que des soins parfois douloureux. Avec toi, j’ai ouvert mon cœur d’amie pour la première fois à une patiente que je savais condamnée à mourir en me demandant ce que je ferai de cet amour une fois que tu ne seras plus là. Et bien tu vois, il est toujours là pour toi. Pour toi qui n’est plus là… Putain de cancer.

Je pourrais parler de tellement d’autres légendes qui ont remplis mes tournées de soins, mes journées de soignante et ma sacoche d'infirmière. Des légendes qui ont habité un tout petit village angevin, quelque part en France, loin des lumières, des strass et des belles avenues de Paris. Les gens d’ici, mes légendes à moi que personne ne connait mais que tout le monde aurait pourtant mérite à aimer. Mais peu importe les gens et les légendes, qu’elles soient du rock ou d'ailleurs car elles ont finalement le même objectif, celui de nous rappeler de nous sentir "vivant". Profitons de la Vie tant qu’elle nous tient, engueulons-la des fois, détestons-la souvent, pleurons-la si nous voulons mais essayons d’aimer la Vie pour ceux qui ne sont plus là pour aimer la leur…


A mes Légendes,
et à Johnny.

samedi 25 novembre 2017

Coeur de porcelaine.





- Il faut parler fort parce que j’entends haut !

D’ACCORD ! La vieille dame s’est engouffrée par la porte vitrée de sa maison avant même que je n’ai eu le temps de bien voir son visage. Il faisait sombre, le soleil semblait aussi timide qu’elle ou alors il avait autant de mal à se lever que moi. Il était tôt le matin, je n’avais encore parlé à personne et ma voix n’avait susurré qu’une espèce de râle lorsque j’avais éteint mon réveil. J’allais devoir forcer un peu. Je venais de me garer devant chez elle. Une longère typique du coin perdue au milieu d’un grand terrain et coincé dans un épais brouillard. Pas forcément très jolie mais avec ce petit cachet de vieux et ce bordel végétal que j’aimais bien. Non loin de ma voiture, on devinait les parterres de fleurs semées qui s’étaient fanés au début de l’automne et dans un coin un lavabo en émail avait été laissé au pied d’un arbre. Il semblait servir de gamelle à eau pour un chien délesté de la laisse restée au sol auprès de la niche et qui avait peut-être préféré la chaleur de la maison éclairée dans laquelle je me dirigeais. 

Avec ma mallette sur le dos, j’ai entrouvert la porte et je suis entrée dans cette maison que je ne connaissais pas pour me présenter à cette vieille dame qui n’avait jamais eu affaire à moi. « Avant, ma fille m’emmenait au labo, mais maintenant elle ne peut plus… ». La pièce de vie était grande et chargée de meubles imposants et bien cirés. Tout semblait être marqué dans le temps. Un temps en suspension entre les napperons de dentelles recouvrant les accoudoirs des fauteuils et les tableaux de scènes de chasse peints dans des tons d’automne. Une rusticité dans la décoration que je retrouvais chez beaucoup de mes vieux patients. La même redondance que dans les meubles et les objets de chez Ikéa mais version « Chasse, pêche, nature et tradition ».

Me tournant toujours le dos, ma patiente a rejoint la table de salle à manger en prenant appui sur un meuble. De l’arthrose plein les hanches, elle tanguait en passant au plus près d’une collection d’assiettes décorées. Sur l’une d’entre elles il était écrit « Un bon chien n’aboie point faux. ». En montrant l’assiette, je lui fit remarquer que le sien était bien discret. « Il est mort. » m’a-t-elle répondu un peu froidement en contournant sa table. Ma vieille patiente a tiré une chaise de dessous la table et elle s’est assise en poussant vers moi son ordonnance toute prête, sans un mot, sans rien dire juste en retapant le pli de l’angle de la table recouverte d’une nappe cirée qui avait perdu ses couleurs. Après qu’elle m’y ait autorisé, je me suis assise auprès d’elle, curieuse de voir à quoi ressemblait son visage de vieille et je lui ai dit :

- J’ai une patiente qui a une assiette accrochée au-dessus de son entrée et il est écrit dessus « Chaque chien est courageux à sa propre porte. » C’est marrant, parce que je n’ai jamais vu un chien aussi craintif que le sien !

Elle m’a regardé en esquissant un sourire un peu bloqué dans le coin de sa bouche. Son visage était éclairé par un lustre à l’ancienne, le genre de ceux qui ont les palles tournantes pour rafraichir les soirées d’été. Ses joues étaient rebondies et rosées sur leur sommet et de larges sillons partaient de ses narines jusqu’aux coins de ses lèvres fines. Sa bouche était striée de rides et avait une coloration tirant sur le rouge profond. En remontant sur le haut de son visage mon regard croisa le sien. Des yeux d’un bleu clair étaient fixés dans les miens. Des yeux sans presque aucune ride hormis des pattes d’oie marquées comme autant de sourires et de rires dont elle avait dû remplir sa vie. Un regard incroyablement jeune perdus dans les creux et les sillons d’un visage de plus de quatre-vingt ans. 
D’un coup, tout m’est apparu différent. Je l’ai imaginé à vingt ans en train de broder les dentelles qui recouvraient ses fauteuils, je l’ai vu à trente ans choisir ce tableau de chasse plutôt qu’un autre pour l’anniversaire de son mari qui adore les épagneuls bretons, je l’ai imaginé se prendre la tête avec son époux dans le choix des assiettes à proverbe en me disant qu’il aurait préféré exposer sa collection de chopines en étain… Sa maison n’était plus une maison de vieille, c’était les quatre murs d’une vie toute entière protégés par un plafond de souvenirs. Je continuais à prélever les tubes de sang tout en lui parlant de son jardin, de l’entretien de sa maison. Celle qui m’était paru un peu sauvage au départ me parlait maintenant avec un sourire et des gestes qui fendent l’air :

- Vous pourriez me donner des numéros pour que des personnes viennent ici ?
- Des auxiliaires de vie vous voulez dire ? Pour vous aider à entretenir votre maison et vous accompagner pour les courses par exemple ?
- Pas que… Je voudrais que quelqu’un vienne habiter ici. Jeune ou vieux, ça m’est égal la maison est grande.

Elle baissa son visage et regarda sa main posée sur ses jambes serrées. Son index frottait le côté de son pouce. J’étais en train de perdre son sourire…

- Vous vivez seule chez vous ? Votre mari… ?
- Comme le chien.

Elle a relevé son visage vers moi. Ses yeux étaient rouges mais ne laissaient échapper aucune larme. Depuis des mois, elle vivait avec l’absence d’un mari que la maladie lui avait enlevé. Puis il y avait eu le chien. Et puis il y avait eu l’automne et les nuits à rallonge dans sa maison sombre. Sa maison pleine de souvenirs d’une vie à deux qu’elle était maintenant obligée de vivre seule. Elle voulait remplir l’espace avec de l’humain sans quoi, c’était le foyer logement que lui avaient promis ses enfants. Je ne savais pas quoi lui dire… J’ai regardé à nouveau l’assiette exposée sur le meuble et je me suis dit que ce n’était pas le chien qui aboyait faux mais bien son envie qui sonnait vrai. Son cœur m'est apparu aussi beau que de la porcelaine, espérons seulement que les coups durs ne l'auront pas rendu aussi fragile.

dimanche 19 novembre 2017

Rentrer en avance.



Je m'étire le dos assise au bord de mon lit et je me fais craquer, sans le vouloir, cette épaule douloureuse qui d'un coup ne l'est plus. Dehors il fait froid et humide, j'enfonce mon nez dans le tour de cou que je viens de parfumer et je démarre la voiture. La route est déserte et pour une fois je ne suis pas retardée par des groupes de cyclistes. Les patients sont presque tous souriants et accueillants. Les soins s'enchaînent sans aucun couac, souci ou problème. Je suis efficace et je gère bien mon temps, je termine en avance. Ça n'arrive pas souvent...

Ma récompense ? Rentrer à temps pour voir mes filles avant la sieste. C'est tout con, mais c'est ce qui me fait surtout aimer les matinées de soins où tout se passe bien. Sur le chemin du retour, j'imagine mes puces crier "T'es déjà là ?!" en courant de la cuisine pour me faire un gros bisou-qui-serre-fort. C'est ma récompense-amour, mon pourboire-bisou qui me boost chaque matin à partir soigner avec l'envie d'être efficace et de vite rentrer !

samedi 18 novembre 2017

Le coup de coeur qui fait plaiz' au mien !




C'est ma bonne nouvelle du jour !

J'ai reçu le dernier tirage du livre avec un tout nouveau bandeau : je suis le coup de cœur de "Psychologies" !  Si c'est pas de la maxi-paillette-qui-brille ça, trop contente !

Bon ok j'avoue, je ne lis pas Psychologies Magazine. Bon ok j'avoue, je ne suis pas hyper-branchée psycho tout court, mais je suis le coup de cœur d'un magazine et ça c'est chouette ! Et puis ce n'est pas une revue sur la chasse à la cellulite ou sur la chasse tout court, alors j'ai le sourire jusque là (Là je te montre le haut de mes oreilles) !

Ah oui, le livre a été une nouvelle fois imprimé. C'est la troisième fois depuis sa sortie il y a 2 mois : c'est fou ! MERCI à tous d'avoir eu envie de le lire (Vos retours sont tous plein d'amour, ça me touche)

mercredi 15 novembre 2017

Sans un bruit.



- …

Un peu sonnée, j’ai relevé le visage vers celui de ma patiente, mi-satisfaite, mi-vexée de voir que je ne souriais pas à l’énoncé de son dernier potin fraichement rapporté du bourg dans lequel elle était allé chercher son pain. Elle le savait pourtant depuis le temps que je la soignais que les ragots m’agaçaient plus qu’ils n’excitaient ma curiosité. C’était son truc à elle et elle me les faisait partager à chaque soin bien malgré moi. J’ai toujours détesté écouter les gens parler de la vie des autres, surtout quand la phrase commence par un « Oh, et puis vous ne savez pas la dernière ? » et qu’elle se termine par un « Rooooh » guttural et satisfait d’une bouche qui semble se nourrir du malheur de l’autre. Je lui ai seulement répondu « C’est bien triste… ». 
Trois petits mots qui se voulaient pudiques, comme pour garder un peu de toi en en partageant le moins possible avec la mangeuse de malheurs. Trois petits mots pour résumer trois années à tes côtés, c’est vrai, c’est bien triste.

Comme pour me protéger de ce qu’elle pourrait me dire de toi, je me suis enfermée dans ma bulle tout en restant à disposition de ma patiente dont je défaisais les bandages sales. Et puis, alors que j’enroulais la compresse stérile autour ma pince kocher avec un geste rapide et sûr, j’ai repensé à toi et à la toute première fois que tu m’avais vue le faire. Un « Oooh !» admiratif était sorti de ta bouche devant ce geste qui était devenu pour moi une habitude mais qui faisait toujours son petit effet la première fois. Tu avais souri en grand quand je t’avais répondu « Ah bah c’est un métier Monsieur, trois ans d’études pour apprendre ça ! ». Ton sourire, c’était un peu ta marque de fabrique. Le temps, tu t’en fichais pas mal. Qu’il fasse beau ou qu’il fasse moche tu souriais au ciel. Mes retards, t’importaient peu car tu savais que d’une manière ou d’une autre, je finirai par franchir la porte de ta maison en m’excusant platement avec ce sourire de travers comme pour m’excuser d’une connerie que j’aurais faite. Et toi, tu souriais et tu m’accueillais en serrant avec force et douceur ma main en m’appelant ta Petite Charline alors que je te dépassais d’au moins deux têtes.